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 Indiculus superstitionum et paganinarum

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Trudulf
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MessageSujet: Indiculus superstitionum et paganinarum   Lun 26 Jan - 2:54

Sources : « Essai historique sur les usages, les croyances, les traditions, les cérémonies et pratiques religieuses et civiles des Belges anciens et modernes » A. G. B. Schayes – Louvain 1834.


La religion chrétienne n’a que tardivement atteint les régions de l’actuelle Belgique. Venantius Fortunatus, écrivain du 6°s, dépeint, dans sa vie de St Médard, les habitants des Flandres comme « féroces » et « insoumis », et ajoute qu’ils étaient encore opiniâtrement attachés à leurs pratiques païennes. St Ouen , dans sa vie de St Eloi l’évangélisateur de la région d’Anvers, parle d’un « peuple féroce et barbare n’ayant jamais reçu aucune impression de la religion chrétienne.» Au 7°s, Baudemont, dans sa vie de St Amand l’évangélisateur de la région de Gand, les dépeint de même et rajoute que tous les apôtres du Christianisme avaient du se retirer de là à cause de la « stérilité de ces terres » pour cette religion. On retrouve encore cette même description chez St Livin qui parle du Brabant et du Hainaut, chez St Lambert évêque de Liège, qui englobe toutes les contrées situées entre le Rhin, l’Escaut, la Meuse et le Demer.
En plein 8°s, en 743 précisément, Charlemagne convoque un concile à Leptinnes près de Mons pour tenter une fois de plus de mettre fin à ces pratiques païennes toujours en vigueur. On a retrouvé la table des matières de ce concile en ce qui concerne ces pratiques superstitieuses et païennes.

L’Indiculus superstitionum et paganinarum :

Chapitre 1. Du sacrilège qui se commet auprès des sépultures.

Chapitre 2 . Du sacrilège qui se commet à l’occasion des morts, c’est-à-dire des complaintes funèbres appelées « Dadsisas ».

Chapitre 3. Des pratiques honteuses du mois de février, « Spurcalibus ».

Chapitre 4. Des chapelles ou des oratoires des païens.

Chapitre 5. Des sacrilèges qui se commettent dans les églises.

Chapitre 6. Des sacrifices que l’on fait dans les forêts et que l’on appelle « Nimidas ».

Chapitre 7. Des oblations que l’on fait sur les pierres.

Chapitre 8. Du culte rendu à Mercure (Woden) ou à Jupiter (Doner).

Chapitre 9. Du sacrifice adressé à quelqu’un des saints.

Chapitre 10. Des phylactères et ligatures.

Chapitre 11. Des fontaines où l’on sacrifie.

Chapitre 12. Des chants incantatoires.

Chapitre 13. Des augures que l’on tire des oiseaux, des chevaux, du fumier des bœufs ou de l’éternuement.

Chapitre 14. Des devins ou sorciers.

Chapitre 15. Du feu sacré que l’on obtient en frottant deux morceaux de bois et que l’on nomme « Nodfyr » (feu de calamité).

Chapitre 16. De la cervelle des animaux.

Chapitre 17. Des superstitions païennes attachées au foyer des maisons et du commencement de quelque ouvrage.

Chapitre 18. Des lieux sans maître que l’on honore comme sacré.

Chapitre 19. D’une prière que les gens de bonne foi appelle « prière de Ste Marie ».

Chapitre 20. Des fêtes célébrées en l’honneur de Mercure (Woden) ou de Jupiter (Doner).

Chapitre 21. De l’éclipse de lune où l’on crie « Vince luna ».

Chapitre 22. De la conjuration des tempêtes, des cornes et des limaçons.

Chapitre 23. Des sillons tracés autour des domaines.

Chapitre 24. De la procession païenne que l’on nomme « Yria » et qui se fait avec des habits et des chaussures déchirés, des pains rompus et
des pierres.

Chapitre 25. De l’usage que l’on est de considérer tous les morts comme autant de saints.

Chapitre 26. Du simulacre poudré de farine.

Chapitre 27. Du simulacre que l’on fait avec des haillons ou de draps.

Chapitre 28. Du simulacre que l’on porte dans les champs.

Chapitre 29. Des pieds et des mains de bois dont on se sert à la manière des païens.

Chapitre 30. De l’opinionque l’on est que certaines femmes commandent à la lune et qu’elles peuvent arracher le cœur des hommes, ce qui est la croyance des idolâtres.
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Manaelle
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MessageSujet: Re: Indiculus superstitionum et paganinarum   Lun 26 Jan - 14:46

Il serait intéressant de voir si nos vieilles coutumes ne recèlent pas encore des restes de ce genre d'interdits.
Je doute fort que Charlemagne ait pu "mater" l'esprit réputé récalcitrant des provinces du plat pays comme il l'aurait voulu... Very Happy
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Gwenaël

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MessageSujet: Re: Indiculus superstitionum et paganinarum   Mar 27 Jan - 14:30

Dans mon petit village de Wallonie, il y a une procession fin septembre où l'on s'arrête aux fontaines et aux potales pour honorer les "Vierges". Il y a plusieurs de ces vierges attachées à des chênes également, dont une réputée pour guérir les problèmes ophtalmiques.

Il y a également beaucoup de "rebouteux" et médiums (mes arrières-grands-pères l'étaient), d'histoires de personnes voyageant sous forme animale (le loup revient le plus fréquemment)...ce qui fait que notre village est surnommé le "village des sorcières" par les environs Wink
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Trudulf
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MessageSujet: Re: Indiculus superstitionum et paganinarum   Mer 17 Juin - 20:46

Voici, en résumé, les dernières données que j'ai pu rassembler sur le sujet jusqu'à présent. Je les ai classé en fonction des chapitres de l'indiculus.

Sources :
(1) « Essai historique sur les usages, les croyances, les traditions, les cérémonies et pratiques religieuses et civiles des Belges anciens et modernes » A. G. B. Schayes – Louvain 1834.
(2) « De la religion du Nord de la France avant le christianisme (Extraits du serment de Saint Eloi – 6°s )» Louis De Backer. Lille 1854.
(3) « La Belgique et les Pays-Bas avant et durant la domination romaine » Tome 2 - A. G. B. Schayes – Bruxelles 1840.
(4) « Wormociensis Ecclesise Decretorum » Pénitentiel de Burchard de Worms. (10° – 11° s)
(5) « De Synodalibus Causis » Questionnaire synodal de Réginon de Prüm. (10° s)



Chapitre 1. « de sacrilegio ad sepulcra mortuorum » Du sacrilège qui se commet auprès des sépultures.
(1) Les peuples du Nord avaient pour coutume de placer des aliments près des sépultures et d’y célébrer des fêtes.
(2) « Qu’on ne tienne point de table pendant la nuit, et qu’on ne boive pas outre mesure. »
(3) Les fêtes commémoratives sont célébrées le 22 février.

Chapitre 2. « de sacrilegio super defunctus, id est dadistas » Du sacrilège qui se commet à l’occasion des morts, c’est-à-dire des complaintes funèbres appelées « Dadsisas ».
(3) Meinders fait dériver « dadsidas » de « dad » mort et « desida » tribut.
(5) « Il faut demander si quelqu'un, pendant la veille nocturne d'un défunt, chante des chants diaboliques, boit, mange, et se réjouit en quelque sorte de sa mort ; et si à l'occasion de leur veille nocturne les morts sont conservés ailleurs que dans l'église. » (art 55)

Chapitre 3. « de spurcalibus in februario. » Des pratiques honteuses du mois de février, « Spurcalibus ».
(2) « Que personne aux calendes de Janvier, ne se livre à des divertissements infâmes et ridicules, tels que ceux des génisses, des jeunes cerfs ou autres jeux. »
(3) Selon Des Roches, ces célébrations du mois de février tireraient leur nom de « sprok » signifiant sec, aride. Cela impliquerait des fêtes liées à la fertilité et au retour de l’astre solaire.

Chapitre 4. « de casulis id est fanis » Des chapelles ou des oratoires des païens.
(3) Destruction des oratoires païens au toit de chaume. (voir article : Lieux de cultes païens en Belgique : http://sylva-arduinna.forumactif.org/belgique-paienne-f6/lieux-de-cultes-paiens-de-belgique-t61.htm)

Chapitre 5. « de sacrilegis per ecclesias » Des sacrilèges qui se commettent dans les églises.
(2) « Que nul, à la fête de Saint jean ou à toute autre solennité des saints, ne s’exerce à observer les solstices ; ne se livrent aux danses, aux caroles et aux chants diaboliques. »
(3) « Les païens idolâtres avaient coutume de célébrer leurs fêtes religieuses par des sacrifices accompagnés de danses et de festins. Les nouveaux convertis au christianisme continuèrent de célébrer de la même manière les fêtes des saints dans les églises. »

Chapitre 6. « de sacris sylvarum quoe nimidas vocant » Des sacrifices que l’on fait dans les forêts et que l’on appelle « Nimidas ».

Chapitre 7. « de his quoe faciunt super petra » Des oblations que l’on fait sur les pierres.
(2) « Que nul chrétien ne prétende faire des vœux dans les temples, ou bien auprès des pierres, des fontaines, des arbres et dans les bois sacrés ; qu’il n’allume point de feu dans les carrefours. »

Chapitre 8. « de sacris mercurii et jovis » Du culte rendu à Mercure (Woden) ou à Jupiter (Doner).
(2) « Qu’aucun ne songe à invoquer les noms des démons, tels que Neptune, Pluton, Minerve, Diane, le Génie, ou à croire à d’autres inepties de ce genre. Qu’on ne s’abstienne point de travailler le jeudi ou jour de Jupiter, à moins que ce ne soit une fête de quelque saint ; ni pendant le mois de Mai, ni en aucun autre temps, ni aux jours des chenilles ou des rats, ou tout autre jour que ce puisse être, si ce n’est le dimanche. »
(3) « Au 7° et 8° s, on trouve le culte d’Odin encore en vigueur en Belgique et en Zélande. Saint-Amand détruisit un sanctuaire de cette idole à gand. »

Chapitre 9. « de sacrificio quod fit alicui sanctorum » Du sacrifice adressé à quelqu’un des saints.
(3) « Les Belges nouvellement convertis confondaient les saints avec les habitants du Valhalla .»

Chapitre 10. « de philacteriis et ligaturis » Des phylactères et ligatures.
(2) « Qu’on se garde bien d’attacher des billets au cou d’un homme ou d’un animal quelconque, quand bien même les clercs y prêteraient leur ministère, quoiqu’on prétende que c’est une chose sainte et que l’on y insère des leçons divines, … »
« N’attachez aucune croyances aux phylactères inventés par le démon. »
(3) « Les talismans consistaient en général à quelques caractères runiques gravés sur un morceau de bois. »
« C »est une défense de se servir de ligatures de certaines herbes aux vertus préservantes. »
(4) « As-tu lié les aiguillettes ? As-tu fait des envoûtements et des charmes comme le font les impies, tels que les porchers, les vachers et parfois les chasseurs, quand il récitent des incantations diaboliques sur du pain ou des herbes et sur des bandelettes nouées qu'ils cachent dans les arbres ou qu'ils jettent aux bifurcations ou aux croisées des chemins, afin de guérir leurs bêtes ou leurs chiens de la peste et des maladies ou, au contraire, pour ruiner le cheptel du voisin ? Si oui: 2 ans de jeûne. » (art 63)
(5) « Il faut demander si quelqu'un boit, mange, ou porte sur lui quelque chose qu'il croit
pouvoir fausser le jugement de Dieu. » (art 50)

Chapitre 11. « de fontibus sacrificiorum » Des fontaines où l’on sacrifie.
(2) « N’attachez aucune croyances aux fontaines, aux arbres, aux bifurcations des chemins…s»
(5) « Il faut demander si quelqu'un ferait des voeux devant des arbres, des sources, ou certaines pierres comme devant des autels, ou y déposerait un cierge ou quelque offrande, comme si quelque puissance surnaturelle s'y trouvait, qui puisse apporter le bien ou le mal. » (art 43)

Chapitre 12. « de incantationibus » Des chants incantatoires.
(2) « Qu’aucun chrétien n’ajoute foi aux femmes qui exercent la magie par le moyen du chant, qu’il ne siège point au milieu d’elles car elles sont l’œuvre du démon. »
(3) Le concile les appelle incantationes, parce qu’ils se faisaient par des chants composés de vers magiques. »
(5) « Il faut rechercher s'il se trouverait un porcher, un bouvier, un chasseur ou quelqu'un du même genre qui prononcerait des incantations diaboliques sur du pain, des herbes, ou certaines amulettes impies, et cacherait ces objets dans un arbre ou les jetterait à un croisement ou un carrefour, afin qu'ils libèrent ses animaux de la maladie ou d'une épidémie, et cause la perte des autres. Aucun fidèle ne doute que toutes ces choses sont de l'idolâtrie, et que pour cette raison il faut les extirper avec le plus grand soin. » (art 44)
« Il faut demander si quelqu'un en commençant un travail prononce une incantation ou accomplit un acte de magie, alors que l'Apôtre 68 nous enseigne que tout doit être fait au nom du Seigneur. Car ce ne sont pas les démons dont nous devons invoquer l'aide, mais Dieu. De même, lorsque l'on cueille des herbes médicinales, il convient de dire le symbole [des Apôtres] et l'oraison dominicale 69, et rien d'autre. » (art 52)

Chapitre 13. « de auguriis, vel avium, vel equorum, vel ex boum stercore et sternutatione » Des augures que l’on tire des oiseaux, des chevaux, du fumier des bœufs ou de l’éternuement.
(2) « … n’observez pas non plus les augures et les éternuements. Lorsque vous êtes en chemin, ne prêtez point attention au chant de certains oiseaux… »
(4) « As-tu, selon les habitudes des païens, consulté des devins - tels que des prophètes - pour connaître l'avenir ? As-tu consulté les jeteurs de sorts, des devins, les augures ou les enchanteurs ? Si oui : 2 ans de jeûne. » (art 69)
(5) « Il faut demander si quelqu'un se livre, à l'occasion du jour de l'an, à une pratique inventée par les païens, [consistant à] examiner le jour, la lune et les mois, et s'attend à ce que leur puissance agissante change les choses en mieux ou en pire. » (art 51)

Chapitre 14. « de divinis vel sortilegiis » Des devins ou sorciers.
(2) « … n’ajoutez point foi à ceux qui usent de caractères magiques, aux devins, aux sorciers, aux enchanteurs ; ne les interrogez pour aucune cause ou infirmité que ce soit ; ne les consultez pour rien que ce puisse être, car quiconque commet une telle faute perd sur le champs la grâce du baptême. »
« S’il vous survient quelqu’infirmité, gardez-vous d’avoir recours aux enchanteurs, aux devins, aux charlatans. »
(4) « As-tu consulté les sorciers, les as-tu introduits chez toi pour rechercher un objet perdu ou pour faire des purifications ? Si oui : 2 ans de jeûne. » (art 69)
(5) « Il faut demander si quelqu'un serait mage, devin, envoûteur, ou jetteur de sorts. » (art 42)

Chapitre 15. « de igne fricato de ligno i. e. nodfyr » Du feu sacré que l’on obtient en frottant deux morceaux de bois et que l’on nomme « Nodfyr » (feu de calamité).
(1) Charlemagne interdit lui aussi cette pratique dans un de ces capitulaire « ignes sacrilegos quos nodfyrs vocant ».
(3) « Par cette pratique superstitieuse on croyait protéger le bétail d’épizootie. On frottait deux morceaux de bois pour en tirer du feu et enflammer un bûcher au travers duquel on faisait passer le bétail. »
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Trudulf
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MessageSujet: Re: Indiculus superstitionum et paganinarum   Mer 17 Juin - 20:46

Chapitre 16. « de cerebro animalium » De la cervelle des animaux.
(1) Cela serait à mettre en rapport, symboliquement avec le culte des têtes coupées, ainsi que des pratiques magiques liées aux crânes d’animaux sacralisés.
(3) La défense regarde la coutume de suspendre aux arbres de forêts sacrées, les têtes des victimes. »
« On jurait aussi sur la tête d’un animal. »

Chapitre 17. « de divinatione pagana in foco vel inchatione rei alicujus » Des superstitions païennes attachées au foyer des maisons et du commencement de quelque ouvrage.
(2) « … qu’aucun chrétien ne prête attention au jour où il quitte sa maison non plus qu’à celui ou il doit y rentrer, parce que tous les jours sans distinction sont l’œuvre de Dieu. Que nul n’observe soit le jour, soit la situation de la lune pour commencer une entreprise. »
« Que nulle femme ne suspende de l’ambre à son cou, qu’elle ne l’emploie ni dans sa toile ni dans sa teinture, ou en aucune autre chose en invoquant Minerve, ou le nom de tout autre être prétendu malfaisant. Que son désir soit que la grâce du christ préside à toutes ses œuvres ; qu’elle mette toute sa confiance dans la vertu de son nom. »
« Qu’on n’appréhende point non plus d’entreprendre une œuvre quelconque à la nouvelle lune, car Dieu a créé cet astre pour marquer le temps et modérer l’obscurité de la nuit, et non pour faire obstacle aux travaux de qui que ce soit. »
« Que nul ne prête attention au sort ou à la fortune à l’occasion des naissances, en sorte qu’on dise : tel on est né, tel on sera. Dieu, en effet, veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. »
« Que personne ne se permette de pratiquer des lustrations, d’enchanter les herbes, de faire passer les troupeaux par le creux d’un arbre ou à travers un trou pratiqué dans la terre ; … »
(3) Concerne la coutume de présager l’avenir par la manière dont la fumée s’élevait du foyer. Si elle montait verticalement, on en tirait un présage heureux, le contraire si elle sortait obliquement. »
« La défense s’étend aussi à la coutume de faire passer par-dessus les flammes les coupes des convives dans les festins publics. »
(4) « … l'on attend la nouvelle lune pour construire les maisons ou pour contracter mariage. Si tu as fait cela : 2 ans de jeûne. » (art 61)
(5) « Il faut aussi rechercher si les femmes en train de filer la laine ou de tisser ont des
conversations ou des préoccupations qui ne soient pas toutes au nom du Seigneur. » (art 53)

Chapitre 18. « de incertis locis que colunt pro sanctis » Des lieux sans maître que l’on honore comme sacré.
(3) « il s’agit de certains lieux, autrefois sacrés, du paganisme auquels les Belges continuaient à vouer une vénération particulière. »

Chapitre 19. « de pretendo quod boni vocant s. marioe » D’une prière que les gens de bonne foi appelle « prière de Ste Marie ».
(3) « Des Roches soutient que « petendo » est le gérondif de l’ancien verbe « pethtan », qui en Anglo-saxon signifie « marcher par des sentiers ». Il croit pouvoir conclure de là qu’il s’agit d’une procession en honneur de la sainte vierge mêlée de quelques superstitions païennes. »

Chapitre 20. « de feriis quoe faciunt Jovi et Mercurio » Des fêtes célébrées en l’honneur de Mercure (Woden) ou de Jupiter (Doner).
(3) « Désigne les jours, principalement au mois de mai, mercredi et jeudi, que les nouveaux chrétiens continuaient à fêter en l’honneur de Donner et Woden. »

Chapitre 21. « de luna defectione, quod dicunt vince luna » De l’éclipse de lune où l’on crie « Vince luna ».
(2) « Que personne ne pousse des cris quand la lune s’obscurcit, car c’est l’ordre de Dieu qu’elle devient pâle en certains temps. »
(3) « Les peuples du nord croyaient que dans les éclipses de lune, un gragon ou un loup nommé Hati, livrait un furieux combat à cette planète et craignant que la lune ne succombat à cet adversaire, ils criaient victoire à la lune en faisant un tintamare horrible avec toute sortes d’instruments de cuivre, … »
(4) « Les traditions païennes, comme un héritage diabolique, se transmettent jusqu'à nos jours de père en fils: l'on adore les éléments, lune ou soleil, le cours des étoiles, la nouvelle lune, l'Eclipse de la lune, l'on essaye de redonner son éclat à la nouvelle lune par des cris ou autrement, l'on pousse des hurlements pour venir au secours des astres ou pour en attendre du secours, … Si tu as fait cela : 2 ans de jeûne. » (art 61)

Chapitre 22. « de tempestalibus et cornibus et cochleis » De la conjuration des tempêtes, des cornes et des limaçons.
(1) Un capitulaire de Louis le Débonnaire condamne les maléfices appellés « cochlarii ». On retrouve cette pratique dans la coutume de sonner les cloches de l’église à l’approche d’un orage. Olaus Magnus rapporte que les suédois estime les dieux attaqués lors d’un orage et pour les aider, ils tiraient des traits en l’air et frappaient avec de grands marteaux sur des blocs de métal destinés à cet usage.
(3) Un capitulaire de Louis-le-débonnaire condamne avec les maléfices, les « colchearii ».

Chapitre 23. « de sulcis circa villas » Des sillons tracés autour des domaines.
(3) « …des sillons qu’on traçait avec une charrue autour des villages avec certaines cérémonies, ou des fourches que l’on plantait autour des maisons pour éloigner les esprits malfaisants. »

Chapitre 24. « de pagano cursu quem yrias vocant, scissis panis et calceis » De la procession païenne que l’on nomme « Yria » et qui se fait avec des habits et des chaussures déchirés, des pains rompus et des pierres.
(3) « Des Roches croit qu’il s’agit de danses païennes et des mascarades qui accompagnaient la fête de Joel. »
« Nous sommes d’avis que « yrias » vient de « gyrare » et qu’il est question d’une danse en l’honneur de la lune, telle que les Saxons faisaient tous les ans autour de l’Irminsul. »
« Meinders croit que l’indiculus veut désigner une danse autour des tombeaux des chefs et héros morts. »

Chapitre 25. « de eo quod sibi sanctos fingunt quoslibet mortuos » De l’usage que l’on est de considérer tous les morts comme autant de saints.

Chapitre 26. « de simulacro de conspersa farina » Du simulacre poudré de farine.
(3) « C’étaient, dit Des Roches, des images des dieux, faites de farine détrempée dans de l’eau, et peut-être dans du miel. Les biscuits de pain d’épices du jour de l’an leur ont succédé. »
« …à la fête de Joel, on offrait un gâteau appelé « Julegalt », dont on conservait une partie pour la mêler à la semence afin d’avoir une récolte abondante. »

Chapitre 27. « de simulacris de pannis factis » Du simulacre que l’on fait avec des haillons ou de draps.


Chapitre 28. « de simulacris quod per campos portant » Du simulacre que l’on porte dans les champs.

Chapitre 29. « de lignis, pedibus et manibus pagano ritu » Des pieds et des mains de bois dont on se sert à la manière des païens.
(1) De là peut-être la coutume chrétienne d’offrir, dans les églises, des reproductions en cire ou en argent de pieds, de mains, de têtes et d’autres parties du corps.
(3) « Grégoire de Tours rapporte qu’en renversant un temple célèbre à Cologne, on y trouva parmi d’autres objets offerts aux idoles, des figures de plusoieurs membres du corps humain taillés en bois, que les malades faisaient suspendre à l’image du dieu dot ils invoquaient le secours. »
« La coutume d’attacher aux images des saints des ex-voto en cire, or ou argent subsiste encore en Belgique. »

Chapitre 30. « de eo quod credunt, quia foeminoe lunam commendent ; quod possint corda hominum tollere juxta paganos » De l’opinion que l’on est que certaines femmes commandent à la lune et qu’elles peuvent arracher le cœur des hommes, ce qui est la croyance des idolâtres.
(3) « Ils croyait qu’à force de méditations, certaines filles druidesses avaient pénétré le secret de la nature ; que pour le bien qu’elles avaient fait dans ce monde, elles avaient mérité de ne point mourir. Qu’elles habitaient au fond des puits, au bord des torrents ou dans des cavernes, qu’elles avaient le pouvoir d’accorder aux hommes le privilège de se métamorphoser en loup et en toutes sortes d’animaux. Que leur haine et leur amitié décidaient du bonheur ou du malheur des familles. A certains jours de l’année, et à la naissance de leur enfant,ils avaient grande attention de dresser une table dans une chambre écartée et de la couvrir de mets et de bouteilles, avec trois couverts et de petits présents, afin d’engager les « mères » à les honorer de leur visite et à leur être favorable. »
(4) « As-tu partagé la croyance de certaines femmes: que dans le silence de la nuit, portes fermées, avec d'autres disciples du diable, tu es capable de monter en l'air jusqu'aux nuages ? Que dans le ciel, tu combats avec d'autres et que tu donnes et reçois des coups ? Si oui: 3 ans de jeûne. » (art 171)
(5) « Il faut examiner s'il y aurait une femme qui affirmerait pouvoir, à l'aide de maléfices et
d'incantations magiques, modifier les dispositions d'esprit des gens - c'est à diretransformer la haine en amour et l'amour en haine - ou qui [par ces moyens]
endommagerait ou déroberait les biens des gens. Et s'il se trouvait une femme quiprétendrait chevaucher certains animaux, lors de nuits particulières, avec la foule desdémons ayant pris l'apparence de femmes, et faire partie de leur confrérie, alors unetelle femme doit de toutes façons être expulsée de la paroisse. » (art 45)
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